03/05/2015

Sorties Mai 2015

 

Samedi 30/05/2015 : Le BRM 400 de Lier
Par Alain Darville

Le 400 km est une distance qui devient tellement grande que cela devient difficile de contrôler le parcours sur une carte. Je pensais passer une journée tranquille à rouler sur le plat en groupe, je me suis rendu compte qu’à Lier, on peut aussi se taper du dénivelé. Comme le vent était annoncé d’ouest et assez fort, je ne voulais pas me le farcir en solitaire pour retourner. Je voulais absolument rester dans le groupe. Groupe solidaire et très efficace. Mais pour ça il a fallu abandonner Patrice à son sort. Je sais bien que j’ai de fidèles lecteurs qui attendent chaque semaine les péripéties de Patrice, pour ensuite passer une bonne semaine de travail, mais ici je fais faire light.

Pour arriver à Lier, ce n’est jamais possible sans passer par des travaux ou des tunnels fermés, c’est chronique. Mais ici, en plus de tout cela, nous avons été arrêtés à 2 km but, par un contrôle d’alcoolémie. Les policiers devaient se demander ce qu’on faisait à 3h45 du matin avec des vélos dans le coffre. A Pierre-Yves, ils lui ont demandé s’il finissait ou s’il commençait. Les martiens sont passés encore une fois. Il a donc fallu, comme chaque fois, se dépêcher pour être prêt à 04h.

C’est donc un groupe fort d’une grosse vingtaine de cyclos qui est parti en direction de Maline et de Louvain via le Rupel  et les canaux. Sur le plat, pas de problème, tout le monde suit. Quelques travaux nous font rebrousser chemin après Maline, pour changer du côté du canal.

Après Louvain, ça commence : les montées. Le plat est terminé, nous allons attaquer les routes vallonnées (en fait nous allons suivre la LF6 de Hoegarden jusque Tongres).

Le 1er contrôle est au café Odette à Meldert, mais à 6h50 et déjà 70km, c’est fermé. On doit mettre le nom de chapelle sur notre carte de contrôle.

La LF6 est très jolie, mais c’est une route qui suit les petits chemins de campagnes en empruntant parfois des routes pavées sur de longues distances. En plus il y a des changements de direction continuels, avec après le virage une belle montée, donc on relance en montée, sur les grands développements (bonjour les tendons). Au début ça va, mais à la xième côte, cela commence à faire mal à certains. J’essaye de m’accrocher, même si je dois aller dans mes réserves. Patrice a donc disparu, dès que ça monte, c’est tout à gauche, mais ce n’est pas très rapide.

Nous arrivons à Tongres, sur la Grand-Place au 2ème contrôle, à 09h20 au km 133. La statue d’Ambiorix trône au milieu, et nous nous installons en face du café où nous aurions dû aller.

Nous repartons et nous reconstituons le groupe du départ, sauf quelques irréductibles qui ne veulent pas, dont Patrice.

Nous nous tapons une très longue monde, je plie mais je ne romps pas, je ne veux pas. Du sommet débute la longue descente vers Visé et la Meuse. Naturellement, une fois la Meuse franchie, ça remonte, nous allons monter à 215 m, point culminant du trajet. Pierre-Yves est comme un poisson dans l’eau, dès que ça monte, il revit. Le groupe explose de tous les côtés, je ne reste pas loin des leaders, nous passons la frontière à Slenaken. Je profite d’une accalmie pour revenir en tête à Gulpen, en plein dans un rassemblement cyclo, qui bloquait toute une rue. Pas mal, ils roulent à vélo dans le coin. Mais on doit faire un petit bout à pied, trop de monde.

Pierre-Yves fait un gros relais pour arriver à Geul, km 192, face au vent. Il est 11h40. On va y rester 40 min, le temps de voir Patrice arriver, s’installer en solitaire et repartir aussi sec.

Nous partons un peu après lui, maintenant, nous allons faire une longue route, vent de face (ou presque). Il ne faut que quelques kilomètres pour fondre sur Patrice, qui essaye de s’accrocher avant de dire : « Peux pas, le train est trop rapide », pour ensuite en haut d’un pont se retrouver devant tout le monde ( ???).

Nous allons vers Genk (nous sommes revenus en Belgique), pour nous arrêter dans un petit hôtel à Winterslag, en face des anciennes mines de charbon. Il est 14h10, km 237. Patrice arrive quand nous partons. Il a mangé juste avant le contrôle en ayant cherché l’hôtel un petit temps, hôtel qui était au bout de la trace GPS.

Nous revenons donc sur nos roues pour retourner à Genk et partir direction Maaseik et donc les Pays-Bas. Sur cette partie, je vais faire presque toute l’étape devant le peloton, aidé par Luc, Johan et Pierre-Yves. Gros effort, mais nous avons eu le temps de nous reposer, le temps de réparer deux crevaisons récalcitrantes avec pincettes. La première crevaison « tombait » bien : Nous étions arrêtés sous des arbres, ce qui nous a permis d’éviter une averse de grêle. Mais à la 2ème, sur le temps où nous poireautions, quisqui est repassé ? Le sieur Patrice. Et cette fois, ce fut sa dernière apparition. Et la question sera, jusqu’à la fin : Est-il devant ou est-il derrière ?

A Weert, nous nous arrêtons dans une station essence pour faire le plein. Il est 15h35, km 288. Pas de Patrice.

Le vent est un peu tombé, cela « tombe » très bien, parce que maintenant, nous l’avons en pleine poire. Mais le relais de +- 40 km, m’a couté beaucoup d’énergie, il va falloir que j’essaye de me « reposer » en suivant le groupe. Nous croisons même une compétition de triatlhoneurs.  Ce qui fera dire à Patrice, beaucoup plus tard : « C’était quoi cette bande de moules, je fais un 400 sur mon gros vélo, et je dépasse ces tapettes sur leurs vélos super-profilés !!». Mais Patrice s’était dopé. Voir plus bas.

Le vent de face, c’est bien quand il est de face. Surtout pour ceux qui suivent, pas forcément pour ceux qui sont devant. Mais quand il est de côté, le phénomène de bordure est là. Seuls quelques privilégiés sont protégés, les autres souffrent autant que les premiers. Plier mais ne pas rompre, telle fut ma devise tout au long de cette journée. Une main secourable m’a même relancé quand j’étais au bord de la rupture. A 33 km/h, les muscles faisaient mal.

Juste après ça, nous avons testé nos vélos dans un bac à sable géant de 1 km de long. Comme j’étais entouré d’acrobates, il fallait bien suivre. Mais quand la roue avant s’enfonce de 10 cm, cela devient assez périlleux. Faut s’accrocher, en évitant de se prendre une gamelle et choisir des tronçons qui ont l’air plus solide, pour s’apercevoir une fois dedans qu’on s’y enfonce cette fois de 15 cm. A ce rythme, cela devient galère. Les acrobates attendaient au bout du bac que les clowns arrivent.

Encore quelques longs kilomètres et nous arrivons au contrôle 6, à Lommel. Km 341 il est 19h20.

Il ne reste plus qu’à faire maintenant, le petit bout manquant pour arriver à Lier. Cette fois il n’y a plus de vent, mais moi, je ne me risque plus devant. Nous rentrons tranquillement à un petit 28km/h.

Il est 21h30 quand les 390 km réels, 402 officiels, 380 de la trace GPS sont faits. Et pas de Patrice à l’arrivée. Comme on ne l’a pas dépassé, où est-il ? Là-dessus Pierre-Yves en a assez de boire des pintes à chaque contrôle et part chercher un paquet de frites. En parlant de frites, revenons à Patrice.

A Weert, Patrice n’a jamais trouvé la station-service, mais il a trouvé une friterie. Il s’est gavé de frites en nous voyant passer. La friture a remplacé la station, et il est reparti gonflé par la mayonnaise. C’est pour ça qu’il roulait plus vite que les triathloneurs.

Pour le bac à sable, Patrice devient tout excité : « J’ai commencé à rouler dans cette merde de sable, puis j’ai vu vos traces et quand j’ai vu ça, je me suis dit, « ils sont fous ». J’ai fait demi-tour, et je vais porter réclamation pour tentative de sabotage !! » Na.

Patrice est arrivé à 22h25 en n’ayant jamais trouvé le dernier café. Il s’est arrêté au café habituel des BRM de Lier et Morkhoven quelques km plus loin.

Ce BRM a été fait en 17h30 dont 14h40 ont été roulés. Les 6 contrôles et les 2 crevaisons nous ont « coûté » presque trois heures. Patrice a fait son BRM en 16h30 puisqu’il est parti à 6h du matin. Petite erreur sur sa carte due à la fatigue et aux frites, la graisse passait mal.

 

 

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Samedi-Dimanche 23-24/05/2015 : Le BRM 600 de L’Aurore
Par Alain Darville

Tout d’abord, un grand coup de chapeau à André, pour avoir, tout seul, mis sur pied les 4 BRMs qualificatifs pour Paris-Brest-Paris. La série 200-300-400 et 600 est faite. Le 600 est donc le point d’orgue de la saison pour André et le club de l’Aurore-Cyclo. Après avoir tracé le parcours pour nous emmener à Verdun, André va aussi nous suivre en voiture avec nos bagages. Son grand souci était de savoir si les bagages des 44 inscrits allaient rentrer dans sa petite voiture. En poussant bien, ils sont rentrés.

Même le temps est avec nous. Pas de pluie, pas de vent (ou presque pas, si ce n’est du nord pour nous pousser un peu jusque Verdun), et un peu de soleil l’après-midi.

 

Le samedi : Le stress du départ, la route avec Patrice, et les fous déchainés.

Nous nous sommes donc donné rendez-vous au café habituel à Anderlecht, pour démarrer ce BRM à 6h30. A 6h le café est déjà plein comme un œuf, cafés et croissants étant offerts par le Club. Comme nous démarrons à 6h30, il faudra être rentré le dimanche à 22h30 au plus tard. Un BRM 600 doit se faire en 40 heures maximum.

Le groupe part plus ou moins complet à 6h30, certains ont devancé le coup de feu du départ.

Nous partons en direction de Maredsous. Le départ se fait calmement. Mais tout doucement à la faveur des nombreuses côtes du parcours, le groupe commence à s’étirer de plus en plus. Nous rattrapons Bernard, qui ne sait pas où se trouvent Antonio et José Maria, et nous demande, si nous les voyons, de leur dire de l’attendre. Comme nous allons reprendre Antonio et Jose Maria un peu après, la commission sera faite.

Le groupe est parti, ils roulent un peu vite, surtout pour Patrice, dont les longues montées, sont et resteront éternellement son grand point faible. Si quelqu’un à une idée pour essayer d’améliorer la grimpette de Patrice, qu’il nous la donne (enfin surtout à lui). Je vais rester toute la journée avec Patrice, ce n’est pas la peine de trop s’épuiser, la route va être très longue.

Nous arrivons à Maredsous par le tracé habituel. Il est 10h14, 93 km de faits, nous retrouvons le groupe, et on n’a pas dû faire la file à la caisse.

A peine 20 minutes après nous sommes déjà repartis à la « poursuite » du groupe. C’est un peu (beaucoup) vallonné entre Maredsous et Onhaye. Ensuite à Hastière, c’est la Meuse, qu’on ne voit pas, car nous prenons le Ravel.

André nous avait promis un contrôle secret, il a tenu parole. A Hierges, il est là, tout heureux. 12h tapante, km 127. Nous aussi, nous sommes heureux, nous avons échappé à la file des 23 premiers du groupe pour mettre le cachet sur notre carte. Le groupe vient seulement de repartir. André veut faire une photo, mais Patrice qui n’entend que ce qu’il veut bien entendre est déjà parti, quand nous nous mettons devant la fontaine pour poser.  

Maintenant, il faut chasser derrière Patrice, qui ne roule jamais aussi bien que quand il est devant moi.

A Vieux-Wallerand, nous allons emprunter la Voie Verte le long de la Meuse. C’est toujours aussi joli, surtout que le soleil commence tout doucement à se montrer. Je récupère enfin Patrice, qui se demandait où je restais tout en poussant son 52x11.

A Fumay, nous retrouvons le groupe. Km 144, il est 12h40. Comme la plupart se sont mis à l’intérieur du café, cela laisse de la place sur la terrasse à l’extérieur. Des petits groupes dans le groupe se sont formés. Yves, Fred, Johan et Bruno vont tracer ensemble. Didier reste toujours derrière en solitaire.

Le groupe repart et Patrice, qui n’en veut toujours pas, fait tout pour trainer encore un peu dans le café.

Nous repartons donc à deux. Le passage dans le tunnel à bateaux à Revin, relève toujours de l’exploit : Dans le noir, faire des photos, tout en gardant son équilibre !!

Nous roulons toujours assez vite le long de la Meuse, on tient le 30 km/h sans trop de problème. Avec les méandres de la Meuse, le vent nous aide ou pas.

A Charleville-Mézières nous arrivons au 3ème contrôle. Km 200, il est 15h05. Charleville-Mézières est bien différente la journée que la nuit (voir le BRM 400 de l’Aurore). Déjà qu’il faut s’arrêter à tous les feux rouges. Ensuite, ce que le cerveau imagine dans le noir n’a bizarrement rien à voir avec la réalité. J’ai vu la Meuse en vrai, celle que je voyais sur mon GPS. Comme je ne sais pas faire des photos de mon imagination, je ne peux pas en faire de la réalité non plus, pas grand-chose à voir, du moins par la route que nous avons empruntée.

Le 3ème contrôle se fait chez un marchand de vélos. Comme nous sommes arrivés juste après le groupe, une razzia avait été opérée sur le ravitaillement, bien généreusement offert par le vélociste. Pas grave, j’avais mon pain à manger, tranquillement, assis sur un banc, en regardant un mariage.

Mais la partie facile du parcours était finie. Maintenant, André, s’est décarcassé pour nous trouver des grimpettes assez ardues. La région est très jolie, surtout vue des hauteurs, mais là, la moyenne en prend un coup. Des côtes à 6, 7, 8 et même 10% se succèdent à un rythme assez frénétique. On fait une pointe à 330 m de haut, juste pour voir de quoi il en retourne avant de redescendre aussi sec à 150 m.

Comme il y avait 115 km à faire entre Charleville et Verdun, André nous avait indiqué un Proxy à Buzancy, pour faire une pause. Il est 17h45, au km 252. Pause assez longue, mais les cacahuètes de Patrice devaient se manger une par une. André arrive, on papote, et il nous parle d’Antonio qui ayant oublié son sac dans un bois (??) pas loin de Charleville, s’en est aperçu bien après, et voulait qu’André aille le chercher. Mais André n’a plus le temps de faire demi-tour, il doit être à 19 h à l’hôtel de Verdun avec les bagages. Antonio est donc fâché.

Patrice et moi, nous repartons pour faire la dernière partie de cette première partie.

Mais ici encore, André veut absolument que nous voyons Verdun, vu de haut. Nous allons frôler les 350 m, avec un beau couché de soleil. Le temps de passer dans un domaine militaire, nous descendons à toutes vapeurs vers Verdun avec un petit 60 km/h pour finir. La première partie est terminée : 315 km, il est 21h. 24,6 km/h de moyenne. Pas du tout ridicule avec le dénivelé de 2750 m.

Le groupe a fini en petits morceaux, les premiers étant arrivés vers 19h30.

Le temps de prendre une douche et de se changer, il est déjà passé 21h30, et il faut chercher un resto pour manger et reprendre des forces. Patrice connait un resto asiatique pas loin où c’est buffet à volonté. Comme on n’est pas en avance, le buffet ressemble plus à des restes qu’à la bombance, mais on trouve quand même notre bonheur.

Dans l’hôtel, André m’a mis avec Johan et Bruno. La chambre n’est pas très grande, et dormir à trois est un peu limite, mais on n’y reste pas longtemps. Il parait que j’ai ronflé. Johan n’a pas dormi, il était bien entouré, Bruno et moi, la chasse qui coulait. Vive les boules quièz.

 

Le dimanche : La perte de Patrice, le groupe et les héros sont fatigués.

Le dimanche, debout 4h, le déjeuner est à 4h30 et le départ est à 5h30. Tout le monde se retrouve donc pour déjeuner, déjeuner assez copieux du moins en pains, yaourts, cafés et jus d’oranges.

Nous partons à 5h30. Il fait encore un peu sombre, les phares vont être utiles. Comme nous ne sommes pas les premiers à partir, ni les derniers, nous roulons à deux, sans doute, allons-nous refaire cette journée tous les deux comme celle de hier. Erreur !!!

Patrice a des fourmis dans les jambes, nous rattrapons, les lèves très tôt. Et puis ce sont les caïds qui nous rattrapent. Bruno est parmi eux. Johan et Yves ne sont pas loin. Et Patrice suit, il se met dans le groupe, tient la cadence, moi, je suis obligé de m’y mettre aussi.  Mais jouer à ce petit jeu n’est possible que sur le plat, dès que ça monte c’est terminé. Il n’y a plus qu’à leur dire adieu. Re-Erreur !!

Mais nous reprenons Fred. Juste avant que le gros groupe, de Geert, Marcel, Etienne et Cie, nous reprenne. André nous annonce qu’il y aura un ravito surprise à Beaumont en Argenteuille au km 377. Il est 7h50. Nous y retrouvons Yves et compagnie. Le temps de boire un jus de mandarine, de manger un croissant, et Patrice veut y aller, il doit faire pipi. J’y vais aussi, comme je ne sais pas quand le groupe va partir.

Je vais au sommet de la côte à la sortie du village, pour faire des photos en attendant que Patrice n’arrive. Et Patrice ne viendra jamais. Que faire, attendre ou non. Redescendre cette côte, je n’en ai pas envie. Et le groupe passe, j’en profite pour mitrailler tout le monde en plein effort. Et Patrice, je ne sais plus ? Est-ce qu’il est passé ou non à la fin ?

J’y vais donc. Ce n’est que bien plus tard, que j’apprendrai que Patrice avait oublié son sac et qu’il avait fait demi-tour. Oublier un sac de 20 kg ? Il ne s’est même pas rendu compte qu’il montait beaucoup mieux la côte.

Finalement, je me retrouve dans le grand groupe nordidste. Et c’est là que je me rends compte que tout devient facile. Le rythme est bon, même s’il est rapide. Je me repose en avançant vite. Nous reprenons même Yves et Johan.

Charleville-Mézières est atteint à 10h, km 427. Il y a donc moyen de faire assez plat entre Verdun et Charleville. Pas comme le samedi, où nous avons fait toutes les montées possibles.

Tout le monde essaye de rentrer dans une micro boulangerie, où à peine deux clients peuvent s’y tenir. Ça prend un peu de temps et finalement nous nous retrouvons à quatre, Yves, Yohan, Fred et moi. Nous allons finir la journée ensemble.

Le reste du parcours est le même que sur le 400. Pour quitter Charleville, ça remonte, monte, et monte encore… Mais ça va, les héros sont fatigués de leur course du samedi, et ils roulent à une allure que je peux tenir.

A Cul-Des-Sarts, à la frontière, nous jouons aux douaniers. Petite pause photos en attendant Johan, qui a eu un moment de faiblesse.

Juste avant d’arriver à Chimay, Johan crève un pneu. De loin je pensais qu’il avait eu un saut de chaine, avec le bruit que ça faisait. Ce sont Marcel et Cie, qui nous signalent en passant qu’il a crevé. Nous ne serons jamais loin de ce groupe.

Juste avant d’arriver à Froidchapelle, la trace GPS innove. Pour éviter des côtes André avait cherché un raval, mais faisable en VTT, donc nous le ferons une autre fois.

A Froidchapelle, c’est le 6ème contrôle. Il est 13h25, km 490. Grosse pause à la terrasse d’un café.

Maintenant, les difficultés sont derrière nous, les ravel vont s’enchainer, et ça va rouler assez vite. Mes copains comptent les barrières à franchir aux croisements des routes et du ravel : 43.

Le 7ème contrôle à Thieusie, au km 558, est atteint à 16h40. Il reste 47 km à faire, nous allons mettre 1h40 pour terminer, en rattrapant le groupe. Je commençais à bien rouler à la fin, on pouvait encore continuer. Le BRM est fini à 18h45, soit 36h15 après le départ. 605 km de faits. La moyenne de la journée était de 25,6 km/h avec un dénivelé de 2200 m.

Maintenant que la qualification Paris-Brest-Paris est faite, il ne reste plus qu’à attendre deux mois ½ pour y arriver. Mais ça, ce sera une autre histoire, je sens qu’on va rigoler.

 

Et Patrice dans tout ça ? Qu’est-il devenu ?

D’André : « Es-tu au courant de la dernière de Patrice ? Rentré vers 21 h 10 avec 612 kms au compteur.... mais en effectuant depuis Charleville le parcours aller  en sens inverse ....!!  Donc pas de contrôle à Froidchapelle ni à Thieusies ... Il m'a parlé de traces dans tous les sens : de son GPS qui ne trouvait pas Froidchapelle pour revenir sur la bonne route... du Patrice tout pur. »

De Patrice : « Tout s'est presque bien passé, jusqu'à Baumont en Argonne où j'ai oublié mon sac à dos pour aller satisfaire un besoin naturel. C'est seul que j'ai continué vers Charleville-Mézières où j'ai eu, à nouveau la blague du GPS qui m'affiche tous les parcours sur la carte. je suis donc reparti sur le ravel pensant que l'aller et le retour empruntaient, au moins partiellement, le même parcours, vers 486 km toujours pas de Froidchapelle (prévu à 490 km) en vue ... je m'aperçois de mon erreur, j'essaie de demander au GPS d'aller à Froidchapelle  mais il veut ABSOLUMENT un numéro et une rue ... de plus, si je laisse la sélection vélo ... au lieu de, peut-être 35 km, il veut me faire une boucle qui redescend vers le sud pour remonter vers le nord ... 75 à 80 km (pas au point ces "routes vélos"). Arrêts multiples pour toutes ces tentatives de retrouver le bon chemin. 

J'ai voulu retourner à Bruxelles et finalement j'ai poursuivi en continuant vers Maredsous et le trajet aller.  J'ai bien visité la région : une grande brocante à Hastière et regardé jouer à la balle pelote un peu plus haut sur une route qui sert aussi de circuit pour quelques motards en recherche de sensations ... 

Arrivée à Anderlecht à 21h10.  Le couple de français est arrivé 5 minutes après moi, puis encore un groupe de quatre autres puis encore Antonio, José-Maria et Bernard. 

Pas d'homologation, je vais essayer de reproduire sur écran (25 pouces) ce que je vois sur un écran de 37 mm de large et de 55 mm de haut.

Dans le sens inverse, il y a aussi quelques montées pas piquées des hannetons.  

J'ai encore 23,6 km de moyenne.   Dommage. »

 

NDLR du secrétaire : « Je pense qu’il va falloir donner des cours de maniement d’un GPS à Patrice de toute urgence, ainsi qu’un cours de géographie. »Innocent

 

 


 

 

 

 

 

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Samedi 16/05/2015 : BRM 300 de Lier
Par Alain Darville

Patrice et moi, nous sommes repartis faire un petit BRM 300 à Lier. Concernant Patrice, je pensais retrouver un zombie, après son BRM 300 de Fexhe, surtout qu’il était parti de Bruxelles à 2h du matin pour y arriver, soit en tout 380 km. Il est quand même rentré en train, fou mais pas totalement. Mais surtout comment a-t-il récupéré ? Vais-je devoir l’attendre 5 heures après le 300. Je sais bien que Patrice ne connait pas la fatigue, sans doute un petit problème de connexion entre ses muscles et son cerveau, mais peut-être aura-t-il une fringale magistrale ? A Fexhe, nous avons un super rouleur au club : Pierre-Yves, le 300 km en 12h30 tout compris en montant au sommet de la Belgique.

Bon, nous sommes quand même partis à temps avec le groupe. Il s’en est pourtant fallu de peu, Patrice mangeait encore sa tarte et devait encore boire son café, quand 6h était là. Patrice a tout avalé en une fois et le groupe cette fois, on y était. Avec André, qui roulait comme un jeune de 20 ans à qui on a offert un nouveau vélo. André suivait l’allure, pourtant pas lente. Mais ce BRM devrait être rebaptisé le BRM aux milles relances. Des virages à 90° tous les 200 mètres. Accélérer, freiner, tourner, accélérer… Le tout sur de petits chemins dans les bois avec un groupe d’une grosse vingtaine de cyclos. Et qui dit chemins pas toujours très cleans, et beaucoup de cyclos, dit aussi crevaisons à répétition. Cinq en tout, chaque fois attendre, cela donne une heure dans la vue.

Yves est là aussi. Il est calme, cela change, il ne donne pas l’impression de vouloir battre le record de temps de ce BRM. Et pourtant, il y a quelques bons rouleurs dans ce groupe.

Ce BRM ne va pas aux Pays-Bas, mais dans le Limbourg belge, on se rapproche de Bree, commune de Kim Clijsters.  

Jusqu’au 2ème contrôle, à Opitter, tout le monde est là. Nous voyons même José Maria arriver de nulle part. Bernard a eu un problème à une de ses roues et a dû rechercher un vélociste. Ce qui fait dire à André : « Cela ne m’étonne pas, il roule toujours à la limite de son matériel ». No comment.

Mais maintenant, le vent dans le dos, c’est terminé. Nous repartons avec le groupe, pour éviter au maximum le vent de face. Mais une, deux, trois crevaisons font que le groupe de scinde en deux. Ceux qui attendent, et ceux qui partent dont Patrice. Le problème est qu’après, il faut chasser pour essayer de récupérer le premier ½ groupe. 35 km/h face au vent. Dès qu’on prend quelques mètres de retard à la défaveur d’une côte (et oui, il y en a), c’est foutu, on ne revient plus. Mais ils sont gentils, ils m’attendent. Mais quelle dépense d’énergie !! Nous retrouvons Patrice et Cie au 3ème contrôle. Quand tout le groupe s’en va, Patrice reprenant son vélo a crevé. Pour une fois qu’il n’a pas de Schwalbe, encore une marque de pneu qui ira à la poubelle. Yves et moi, nous restons avec Patrice. Mais on aura le vent défavorable et plus de groupe.

Yves attrape quelques fourmis dans les jambes, et accélère le tempo à chaque relais. Patrice finit par lâcher. Moi, je tiens encore quelques kilomètres, mais c’est bon, il est beaucoup trop fort pour nous.

Je retrouve donc Patrice, et nous continuons à deux à une allure bien plus cool. Au 4ème contrôle, un reste de groupe est encore là, dont Yves, mais ils partent pendant que nous mangeons, une boulette mayonnaise pour Patrice et mes tartines habituelles.

Nous allons finir ce BRM avec un anglais que je prenais pour un hollandais et à qui j’essayais de baragouiner du néerlandais. J’ai compris après qu’il ne comprenait pas.

Patrice a donc tenu. 680 km en trois jours. Et pourtant ce BRM a été roulé très vite : 298 km en 11h roulées (avec 600 m de dénivelé), 13h20 avec les nombreux arrêts. Mais un BRM comme ça, cela reste très dur. Et maintenant, c’est le 600 d’André qui est en vue, les choses vraiment sérieuses commencent.

Résumé de Patrice en images ... GPS

 

 

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Jeudi 14/05/2015: Les photos de Drogenbos
Par Jean-Louis Van Obbergen

 

 

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Vendredi-Samedi 08-09/05/2015 : Le BRM 400 de l’Aurore
Par Alain Darville

Un BRM nocturne, c’est une première pour moi, j’avais bien déjà fait une flèche de Belgique, finalement c’est un peu la même chose. Rouler la nuit, c’est soit disant pour préparer Paris-Brest-Paris, mais pour moi, cela n’apporte pas grand-chose, si ce n’est qu’on ne voit rien et donc pas les côtes.

Donc, nous allons à Sedan. Non pas en longeant la Meuse, mais en y allant gaiement par toutes les montées et vallées qui existent entre Tubize et Charleville-Mézières. André a sans doute fait un très beau parcours, mais aussi un très dur parcours en prévision toujours de Paris-Brest-Paris.

Ce 400 ne réunissait qu’une grosse vingtaine de partants, en concurrence avec le 300 de Tournai, et déjà le 4ème 400 cette année, il en a sans doute découragé plus d’un avec son important dénivelé annoncé : 3500 m.

Jean-Louis est venu aider André aux inscriptions, André qui a décidé de faire le 400 aussi.

A 18 h pile, c’est l’heure du départ, mais peu ont envie de partir. Patrice et moi, nous démarrons donc à deux. Mais il ne faut pas longtemps pour voir débouler plein tubes, Yves, qui visiblement a envie de finir ce BRM bien avant midi.  Il est suivi par un petit groupe d’allemands (?). Patrice se met dans leurs sillages, Je fais donc l’effort de les suivre aussi. Yves est vite rattrapé, on roule à plus de 30, face au vent, le long du canal. Moi, finalement, ça m’arrange, on roule vite, sans devoir se farcir le vent. On arrive à Tubize, mais Patrice a déjà disparu. De toute façon, monter la côte de Virginal avec ces fous furieux est impossible. Je roule maintenant tranquillement, en me disant que Patrice ou d’autres finiront bien par ma rattraper. Mais ce sont les frères, Koen et Geert Lammens, qui me dépassent.

A Braine-Le-Comte, Patrice est enfin là, nous allons continuer ensemble. Patrice monte enfin les côtes à vitesse raisonnable, je ne sais pas combien de temps cela va durer.

A 21h40 après 91 km, à Solre-Le-Château, nous retrouvons Koen et Geert qui sont déjà chez Ninie. Nous ne faisons pas trop long, mais maintenant, il fait noir. Nous nous équipons pour faire la nuit sur le vélo : lampe frontale et  veste réfléchissante.

La nuit, le seul avantage pour un cycliste, est que le vent est tombé. Ca nous arrange, il aurait dû être de face jusque Sedan, il n’y en a plus. Mais l’inconvénient, c’est que la région que nous traversons est sûrement très belle, il y aurait pleins de photos à prendre (nous sommes des cyclotouristes), mais que nous n’allons rien voir. La France, la nuit, est noire. Et en plus silencieuse : dans les villages traversés, pas un bruit, rien. Parfois en attendant Patrice, je restais sur la place du village, arrêté, le vent dans les oreilles quand on roule, faisait place au silence absolu !!! Je ne suis pas habitué au silence total, en tant que citadin, je les envie presque. Mais les jeunes français, comme sans doute tous leurs semblables, ne semblent pas aimer le silence. A Auvillers-les-Forges, c’était la fête (des jeunes) au village. Dans le silence, le bruit (enfin la musique) s’entend de très loin. Je ne sais pas où sont passés les plus de 25 ans, ils ont dû partir, tous, en voyage organisé par la région.

Au loin, nous voyons quand même un feu d’artifice. Finalement, ce n’est pas si calme la France.

Et alerte, il pleut. A 00h20, des gouttes tombent. Je me dis, « Merde, purée de merdes, s’il pleut maintenant, on va rigoler dans le noir ». C’est joli la pluie qui tombe à la lueur des phares, mais bon, finalement, c’était une fausse alerte. Il a plu, un peu, cinq minutes et puis, ce fut le retour au calme.

André nous avait prévenu, sur la feuille de route : « Petites routes sinueuses!!! Descentes la nuit !!!. Descentes dangereuses !!! ». Merci, et effectivement, avec un phare qui éclaire à 15 mètres et pas sur le côté, ce n’est pas facile de descendre à 50 km/h dans ces petites routes qui tournent dans tous les sens. Même Patrice avec son phare d’avion, n’osait pas y aller à fond dans les descentes.

Nous arrivons à Charleville-Mézières, nous entendons la Meuse que nous voyons sur le GPS. L’ « avantage » de traverser une ville assez importante la nuit, c’est qu’on ne s’arrête pas aux feux rouges, il n’y a pas de voitures, à quoi bon s’arrêter !!

Entre Charleville et Sedan, il y a un tronçon commun pour y aller et pour revenir. Donc nous croisons dans le noir, les forts qui ont +-30 km d’avance sur nous. Yves fait partie de ceux-là. Nous nous devons encore y aller à Sedan.

Patrice avait demandé à l’office du tourisme de Sedan, si quelque chose était ouvert à 3 heures dans la ville. Réponse : « Peut-être un Kebab ?? » Peut-être, en effet, il était bien fermé.

Le petit problème, c’est qu’il faut prouver à André qu’on est bien passé à Sedan. Il nous avait remis une question : « Face à la Boulangerie le Dijonval, Ancienne Manufacture Royale, lisez la plaque et donnez la date manquante : En xxxx, Louis XIV accorde le privilège d’établir la manufacture Royale de draps de Sedan… ». Le problème est qu’il manque une virgule dans la question, et moi je cherchais bêtement la boulangerie « Le Dijonval » qui était en fait la Boulangerie Fabre. J’étais devant cette boulangerie, donc je tournais le dos à la plaque sans savoir que j’y étais. C’est en faisant ce résumé que j’ai enfin compris que la boulangerie n’avait pas deux noms. Quand on a un QI de 75, on est excusable.

Au départ, Jean-Louis, via internet, m’avait bien donné la bonne réponse, mais comme je veux rester honnête je veux faire une photo de cette plaque.

Sur la Place Turenne, nous nous restaurons, assis sur le trottoir. Patrice en mangeant ses dattes : « Je m’en fou des contrôles et des questions d’André, moi, ce que je veux, c’est de l’eau !!! ». Nous sommes rejoints par trois autres cyclos. Une patrouille de police, en voiture, nous aperçoit et passe son chemin. Elle revient un peu après. Un policier descend et demande ce qu’on fait là. Après quelques explications, il doit nous prendre pour des fous échappés de l’asile, il nous explique que si on veut un cachet, on peut toujours aller au bureau de police, et qu’en même temps on peut aussi aller faire le plein d’eau, au grand soulagement de Patrice, qui était prêt à lui baiser les pieds. En effet, Patrice, boit un bidon de 800 ml toutes les heures.

Nous envahissons donc, le poste de police, où les deux policiers de garde sont bien gentils et s’exécutent. Les cachets sont bien mis n’importe comment sur la carte des BRM, mais nous les avons. En plus de la date. Parce que le policier nous dit où se trouve la plaque : en face de la boulangerie aux deux noms. Donc en partant, photo, et la date : 1646. « Le Dijonval » est donc une manufacture de draps et pas une boulangerie. Lors de la création, en 1646, de la Manufacture royale du Dijonval, Sedan, nouvellement rattachée à la France, devint le premier centre de fabrication de draps fins "procédé façon de Hollande". 

Ce n’est pas tout ça, mais avec la recherche, la bouffe, les cachets et l’eau, nous repartons vers 3h50. Grosse pause donc à Sedan, où nous sommes passés pour la xième fois sur La Meuse, toujours sans la voir. Retour donc par Charleville-Mézières.  Sur le tronçon commun, nous croisons encore quelques cyclos, dont Antonio et Bernard, les autres, je n’ai pas reconnu : Il faisait noir !! C’est vrai ?

Le passage à Charleville-Mézières se fait rapidement, toujours en passant les feux rouges et la Meuse, encore deux fois, mais ensuite André nous a gâté : Il faut remonter, nous allons passer de 150 m à 350 m d’altitude via une très longue côte. Nous partons direction Rocroi et Chimay. De nouveau, rien n’est plat dans ce pays, ça monte ou ça descend. Nous n’avançons plus très vite, et nous faisons quelques extra-pauses pour manger, pour Patrice une datte ou un raison sec, pour moi, des gaufres ou une partie de mon pain et demi qui sera ingurgité entièrement.  Je me suis demandé comment Patrice pouvait faire un 400 km à dénivelé avec une banane, dix dattes, 50 raisins secs, un cookie sans fibres et deux croissants, mais avec dix litres d’eau. Et je n’ai pas de réponse, en sachant que 3 dattes représentent 70Kcal, pour 25 g. Avec ça je ne fais même pas 200 km et je pisse tous les 20 km. Et dire que son sac à dos est toujours aussi lourd alors qu’il n’y a rien à manger à l’intérieur.

A Chimay, repause, il ne « reste » que 130 km à faire. Nous allons au 3ème contrôle, Froidchapelle. Il est 8h25, km 290, nous cherchons un commerce ouvert, il n’y a que la boulangerie. Croissants et quelques bouteilles d’eau pour Patrice, éclaire et gosette pour moi. Nous repartons 25 min plus tard, quand nos (pour)suivants arrivent, poursuivants que nous ne reverrons plus malgré nos arrêts assez fréquents.

Mais maintenant, c’est bon. Les grosses montées sont derrière nous, les ravels assez plats et le vent dans le dos, heureusement, car il a fameusement forci, vont nous aider à rentrer sans trop de problème.

A Maurage, petit cafouillage, en voulant suivre la trace GPS, la route est fermée par une porte ?? La route principale est assez fréquentée et on bat un peu le beurre pour s’y retrouver.

A Thieu, André nous fait passer en dessous de l’Ascenseur n°4 du Canal du centre. Ascenseur que je ne connaissais pas. Je connais ses frères 1, 2 et 3, mais pas lui, c’est chose faite.

Ensuite, nous arrivons au 4ème contrôle, à Thieusies, au km 358, il est midi pile.

Maintenant, c’est facile, le vent nous pousse littéralement, tellement il est devenu fort. Heureusement, je suis crevé, j’ai sommeil et j’ai faim. Il est 14h15 quand nous arrivons à Anderlecht. 20h15 pour faire 408km et 3500 m de dénivelé, en roulant toute une nuit, ce n’est pas si mal. Patrice a gagné 3 heures par rapport à son 400 précédent, qui avait un dénivelé comparable.

Au café, nous recevons une boisson et deux sandwichs gratuitement, enfin compris dans le prix de l’inscription.

Ce fut un BRM pas facile du tout, je ne peux pas dire beau, je n’ai rien vu dans le noir. J’ai réussi à rester avec Patrice, malgré toutes les montées, j’ai bien dû m’arrêter de temps en temps pour l’attendre, mais jamais bien longtemps. De toute façon, je n’aurais pas pu aller beaucoup plus vite tout seul. Après ça, j’ai dormi 10 heures non-stop, ça fait longtemps, que cela ne m’est plus arrivé.

 

 

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A la Patrice, les pérégrinations à Sedan à la recherche de la date et de la boulangerie aux deux noms:

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Dimanche 03/05/2015 : Le dénivelé qui ne le dit pas
Par Alain Darville

A Linkebeek, le VCA Anderlechtois organise, peut-être pour la dernière fois, son BAD qui ne le dit pas. Cette fois, Eric est là. Tellement là qu’il me téléphone à 7h30 pour demander où je reste (départ à 8h00). Encore 100 km à faire avec un dénivelé de 1100 m. J’en suis déjà à 220 km depuis vendredi, cela en fera 330. Faut ce qu’il faut pour rester un peu à niveau pour les BRM.

Il ne pleut pas comme annoncé, mais à 8h il n’y a personne (enfin pas de cyclistes) au départ. C’est triste, mais la pluie prévue et le dénivelé important ont dû refroidir plus d’un cycliste.

Marc K. nous fait un petit coucou en venant rouler un peu avec nous.

Comme je suis déjà moins frais que vendredi, je ne vole plus. Eric qui a fait le 134 km d’Hoeilaart et ses 1600 m de dénivelé n’est même pas fatigué, contrairement à ce qu’il dit. Ce type a un potentiel immense pour les longues distances mais ne veut/peut pas l’exploiter, et c’est bien dommage.

Nous sommes donc partis, tranquillos pour Eric, la langue par terre pour moi. Marc faisant un peu des allers-retours entre nous deux avant de disparaitre à la bifurcation du 80. Le Bois de Halle (http://www.foret-de-soignes.be/le-bois-de-hal-au-printemps) que nous traversons, vaut toujours le détour en cette période. Les jacinthes bleues sont bien là, et présentent en très grand nombre. Dommage que le soleil, lui ne soit pas là, pour illuminer tous les tapis.

Vent de face, par monts et par vaux, la moyenne n’est pas terrible, Eric est gentil de ne pas prendre directement 10 kilomètres d’avance et de parfois attendre un peu. Mais dès que le vent est dans le dos, tout d’un coup ça va mieux. Eric fait semblant de ne plus pouvoir me suivre pour m’encourager.

A l’unique ravito de Ronquières, sous le plan, nous retrouvons Benoit et Michel, qui n’arrêtent plus, pour pouvoir gravir le Mont Ventoux. Même Michel et son entrainement d’athlète professionnel, n’a plus peur de faire un 85 à dénivelé. Où allons-nous ? La –dessus Eric et moi, nous repartons à la conquête du Bois de la Houssière et de sa rampe à 10 %.

Sa descente vent dans le dos, me donne quelques frayeurs. Il pluviote un peu, juste de quoi mouiller le casque, et de rendre glissant quelques tournants ombragés. La roue arrière se bloque, je dois faire de l’ABS au ralenti pour éviter de me cracher dans le talus. Les descentes suivantes, iront un peu moins vite. Bizarrement, les descentes d’Eric sont faites en freinant beaucoup sur le sec, quand il fait humide, par contre  il ne se tient plus.

Il ne reste plus qu’à faire la grimpette de Beersel, et le brevet est terminé. Un petit 100 km de fait, et en plus nous avons échappé à la pluie annoncée. Même pas un petit crachin, juste un peu humide. Et les vélos ne sont pas sales, c’est magnifique.

Un « peu » plus tard, Guy arriva, sorti de nulle part,  en devançant Benoit et Michel, la forme revient au grand galop.

 

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Vendredi 01/05/2015 : La Hulpe et son Muget
Par Alain Darville

Pendant que Pierre-Yves et Patrice allaient prendre une douche glacée de 24 heures sur le BRM 400 de Neufchâteau, j’étais condamné (héhé) à me limiter à des petites distances ce week-end, pour cause de travail.

Donc j’ai été faire le parcours de La Hulpe, 110 annoncés, 117 indiqués, 108 roulés. Jos, Stéphane (pour son malheur) et Freddy étaient là. Eric que je pensais retrouver, était absent, il s’est réservé pour le lendemain. Jos qui se remet de son crash avec un capot de voiture ne voulait pas dépasser 35 km. Stéphane, déjà fatigué avant de commencer, ne voulait pas faire plus de 80 km (re-héhé).

Même plus peur pour un cent kilomètres, j’ai oublié mes chambres à air de réserve. Freddy devra rester avec moi, même si je ne sais pas si ses pipettes sont assez longues.

Nous partons donc en trio. A la poursuite d’un BBB qui était à la poursuite du groupe B des BBB (ça en fait des B). Comme on était gentil on va un peu l’aider dans ses relais. Stéphane y va aussi, mais Stéphane a force de rouler comme un fou, est déjà tout rouge. Freddy, lui bonifie avec l’âge, moins il roule, mieux il roule. Moi, bizarrement, j’ai l’impression de voler, même les côtes ne me rebutent plus.

Le groupe B des BBB est rejoint après une petite vingtaine de kilomètres, ce qui fait qu’on va un peu rouler avec eux, et prendre des nouvelles de Charlie et de Marc.

Après le ravito de Beauvechain, Freddy profite d’une voiture pour prendre son inspiration et son aspiration et disparaitre du groupe B BBB (le groupe A des BBB, on l’a vu passer par après, 35 de moyenne au bas mot).

Maintenant, il faut rejoindre Freddy, et je laisse aussi les BBB pour rattraper Freddy. Stéphane prêt à exploser fait l’effort aussi. A la bifurcation 90-117 (enfin indiqué 120-85), Stéphane va sur le 80, enfin non, oui, non, oui, sur le 110 (ces chiffres ne tiennent pas la route). On ne l’a pas forcé (juste un petit peu, mais il est adulte !!!).

Un groupe passe et Stéphane s’accroche derrière. On s’y met aussi et on roule ainsi quelques kilomètres, mais ce parcours monte aussi, pas loin de 1000 mètres sur le grand, et alors là, le groupe roule un peu trop vite pour Stéphane, qui semble exploser au km 60. Tout d’un coup il n’avance plus. Comme il n’en reste que 50 à faire, il faut rester confiant. Freddy et moi, on l’attend de temps en temps. Freddy l’arrête même pour qu’il récupère un peu.

Un peu après le contrôle de Sart Risbar au km 75, ma banque m’appelle (il faut tout faire sur un vélo). Stéphane continue à son aise, Freddy et moi, nous allons le rattraper (heu, essayer).

Ensuite sur des pavés de merde en descente, c’est mon bidon qui s’en va. Demi-tour pour le rechercher. Maintenant, on roule un peu plus vite derrière Stéphane qui reste invisible de longs kilomètres. Même les policiers à moto bloquent la route pour nous, pour qu’on puisse passer un carrefour animé en sécurité (c’est la gloire). Stéphane est récupéré un peu après.

Mais les 15 derniers kilomètres sont assez pentus. Freddy et moi, nous continuons à notre rythme en passant par le Lac de Genval, pour finir les 108 km en pile 4h. 27 km/h de moyenne sans forcer, dixit Freddy, heu non, je confonds, dixit moi.

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Vendredi 01/05/2015 : Le BRM 400 de Neufchâteau
Par Patrice Martin

Ce long week-end 2 BRM's sont organisés le jeudi un 400 à Neufchâteau (inscription de 19h30 à 21h30) et un autre le samedi un 400 à Oostende départ 6h ou 4h ...

Comme le Paris-Brest-Paris comporte quand même un dénivelé de 10.000 et qu'Alain a vécu un PBP 2007 pluvieux (ndlr secrétaire : « Mais pas froid ») ... et que la météo prévoit de la pluie ... je me suis dit, je dois y aller.

Je comptais y aller en train, mais suite à un échange de mails, Pierre-Yves qui a aussi décidé d'y aller me propose bien gentiment d'aller avec lui. Rendez-vous est pris et nous irons ensemble.

Habitué à la voiture d'Alain, je veux enlever ma roue avant ... Mais la voiture de Pierre-Yves est un break et, sièges arrières rabattus, les vélos y entrent sans problème. Nous quittons Bruxelles à une heure pas facile, vers 16h30, il y a beaucoup de circulation mais nous avons le temps.

Nous arrivons à Neufchâteau vers 18h30, une heure avant le début des inscriptions. Nous buvons un verre et nous restaurons avant le départ. Dans le restaurant du « camping du lac » un autre participant, accompagné de son épouse, est, lui aussi, en attente de son plat. Notre repas terminé, nous nous inscrivons au BRM, un petit-déjeuner est prévu à Neufchâteau (France) et nous demandons quelques instructions concernant l'éventualité de ne rien avoir d'ouvert à Verdun où nous passerons la nuit.

Petit à petit les BRMistes arrivent, Roger Bourgeois, Yves Wilmart, Alexis qui l'accompagne depuis quelques brevets. Nous nous préparons et comme je sais Pierre-Yves beaucoup plus rapide que moi, je compte partir le plus tôt possible pour ne pas l'obliger à m'attendre des heures et pour essayer de prendre le dernier train (à Neufchâteau 19h31 ou à Libramont, à 10 km de Neufchâteau,à 20 ou 21, dernier train pour Bruxelles). Peu après 20 h je suis prêt, Pierre-Yves, lui partira avec le groupe et ce départ groupé est prévu à 21h30.

Roger me demande si je pars bientôt et je lui confirme mon intention de partir tôt. Finalement Roger et moi partirons à 20h15. Selon le profil altimétrique du parcours les premiers 30 kilomètres devraient comporter quelques montées mais plus de descentes. Je ne resterai pas en permanence avec Roger, nous roulons chacun à notre rythme et Roger est d'une régularité de métronome. Au kilomètre 25 une voix me salue, c'est Yves avec Alexis. Entre les kilomètres 25 et le 75 nous resterons plus ou moins en vue les uns des autres Roger, Yves, Alexis et moi. Lorsque la lampe d'Alexis tombera en panne, c'est même Roger qui criera après Yves et qui accélérera pour rattraper Yves pour lui signaler la défection de son ami Alexis. Je ne sais plus exactement à quelle heure elle est apparue, elle, c'est la pluie, mais elle ne nous quittera plus pendant de nombreuses heures, elle ne sera jamais forte, style grosse drache belge, mais elle sera là d'environ jeudi vers 23h30 (?) au vendredi à plus de midi.

Je traverserai Verdun sans voir un seul établissement ouvert. Dès l'inscription on nous avait dit que ce serait probablement le cas. Pour le contrôle, pas trop de problème mais je n'aime pas me retrouver sans boisson. Je scruterais un hôtel, fermé, un hôtel formule 1 où j'entends du bruit mais la réception est vide et l'hôtel fermé. Je suis à 3 mètres d'un distributeur de boissons ... mais inaccessible. Un autre hôtel plus loin « privilège » (avec une plaque rotary club international), j'y sonne mais jamais personne ne viendra. Je poursuis donc ma route direction Neufchâteau en France. Sans m'en rendre compte, je prends de l'avance sur Roger, Yves et Alexis.

Ils me dépasseront plus loin. J'arriverai vers 6h30 à Neufchâteau. Roger, Yves et Alexis se trouvent sous un porche pour s'abriter de la pluie. Ils me signalent que l'Hôtel Eden et le bar sont fermés. Ils n'attendront pas l'ouverture et repartiront. Il est 6h35 et j'attendrai dans le froid et en grelottant plus de 20 bonnes minutes avant qu'une jeune dame ne vienne ouvrir la porte de l'hôtel. Entre-temps, la livraison du pain pour notre petit-déjeuner avait été déposé au pied de la porte d'entrée. La jeune dame m'installera dans le hall et m'offrira un café pendant qu'elle continuera l'ouverture de l'hôtel et préparera le petit-déjeuner. Petit à petit les randonneurs vont arriver, les uns après les autres, tous, comme moi, complètement trempés et grelottants. Vers 7h30 le hall est plein à craquer mais nous attendons encore le petit-déjeuner. Il a fallu attendre longtemps mais nous pouvons enfin profiter de quoi reprendre des forces. Je n'ai rien mangé sur les 216 kilomètres parcourus. Dès que j'ai mangé et que je suis prêt, je repars avant le groupe. Il est déjà 8h40 ... 2h05 pour un petit-déjeuner. A ne surtout pas reproduire sur PBP sous peine d'être hors délai. Le groupe ne me rattrapera qu'environ 50 kilomètres plus loin. Non pas que je sois rapide mais le groupe au lieu de partir à 21h30 la veille était déjà parti avec 15 minutes de retard. Ensuite pendant les 200 premiers kilomètres ils ont dû s'arrêter de multiples fois pour fuites, bris de dérailleur avant, ... Chaque arrêt coûtant du temps mais aussi laissant tous les autres grelottants dans le froid et la pluie. Le plus malheureux qui avait cumulé de multiples pannes a décidé d'arrêter les frais à mi-parcours.

Lorsque le groupe me rejoindra je les accompagnerai un moment mais je décrocherai assez vite. Je les retrouverai au contrôle suivant à Heudicourt. Je repartirai avec le groupe pour décrocher, à nouveau, après quelques centaines de mètres. C'est seul que je rejoindrai le quatrième contrôle Montmedy. Comme il n'y a rien à manger, je consommerai mes deux bananes restantes et trois portions de cacahouètes salées. Je quitte Montmédy vers 16h40.

Dès l'inscription on nous prévenait qu'il fallait en garder sous la pédale (et même les pédales) car la dernière partie nous réservait un bon dénivelé. Et, en effet, on va être gâté. Dès la sortie de Montmédy, on monte et par après, dans un environnement boisé, nous aurons droit à de multiples montées et descentes. Pendant cette dernière partie, Pierre-Yves me contactera pour savoir où j'en suis et il me rappellera pour me dire qu'il m'attend et que nous retournerons ensemble à Bruxelles. J'arriverai finalement un peu avant 20h. Et lors de la remise de ma carte, je vérifierai l'heure sur mon GSM qui indique juste 20:00. J'indiquerai 20h00 ce qui facilitera le calcul. BRM parcouru en 23h45.

Pour moi, ce fut le brevet le plus éprouvant à cause de la pluie continue pendant une dizaine d'heures.

Encore merci à Pierre-Yves pour l'aller et le retour.

 

17:17 Publié dans mai-2015 | Lien permanent | Commentaires (0)